Le calendrier de l’Avent 2025 / 16 – Turquoise
Turquoise
Témoignage de Marie-Louise Barre, fille de Lucie Meiffre et petite-fille d’Émile Michelet:
« Mon grand-père Émile avait la passion de la navigation depuis sa jeunesse, il avait toujours trouvé le temps de faire de la voile. Dès le début, il a eu un très petit bateau, le Rubis, et quand les garçons arrivèrent à l’âge de l’aider, il fit construire sur ses plans, la Turquoise, une frégate de 10 tonneaux. Cela faisait un remarquable équipage habitué à toujours régater ensemble. Tous les étés, de Juillet à fin Août, ils partaient tous les cinq et gagnaient tous les prix, à Deauville. »
On ne voyait qu’elle parmi les bateaux des Régates de l’Exposition, le numéro 57, la grande et belle Turquoise, 20 ans, doyenne de la flotte. Sur la photographie, elle éclipse tous les autres, et pourtant, il y en avait de fameux.
Elle était née en 1880, au chantier Texier fils aîné, en même temps que l’Inès de Gustave Caillebotte. Ce n’était pas une « frégate » comme le raconte Marie-Louise, mais un cotre à dérive de 16,80m de long et 3,25m de bau.
Elle en avait tiré des bords sur la Seine et la Manche. Elle avait surtout vu les progrès des garçons Michelet, ceux-là même qui en 1899, avaient remporté la première One Ton Cup sur Bélouga, et qui cette année menaient l’original Scamasaxe.
Émile Michelet n’était pas le genre d’homme à changer de bateau tous les ans. D’ailleurs, quand Caillebotte avait remplacé Inès par Condor et Jack, Michelet avait renvoyé Turquoise au chantier pour lui rallonger le nez et la voûte. C’était bien suffisant comme innovation. Grâce à ces changements, elle avait l’allure plus moderne, une ligne de flottaison plus longue et se mesurait toujours avec autant de succès aux autres bateaux de sa catégorie.
À quoi pensait-il, ce 27 mai 1900, Émile ? À son parcours ? À ses fils, l’un à bord, et les autres pas si loin de lui ?
Émile était sans doute très concentré sur sa régate. À la dernière course d’ensemble, toutes séries confondues, Turquoise avait décroché la troisième place. Une belle victoire pour un bateau ancien et un monsieur d’expérience. Le bateau avait fait parler de lui dans la presse, et l’ancien vice-président du Cercle de la Voile de Paris aussi.
24 ans plus tard, aux épreuves de voile olympiques de 1924, c’est son benjamin Albert qui a représenté la France en Monotype National.
Étonnante famille Michelet !




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