La coupe de l’America

En 1851, en marge de l’exposition universelle de Londres, le Royal Yacht Squadron orgainse une régate internationale autour de l’île de Wight. Tout le monde connait la fin de cette histoire : la goélette « America », du New York Yacht Club, remporte ce trophée, appelé « Coupe des Cent Guinées », et le rapporte à NewYork après le célèbre échange entre la Reine Victoria et son Premier Amiral au passage de la ligne d’arrivée par « America » : « Amiral, quel est le second ? » « Il n’y a pas de second, Majesté…. ».

L’aiguière d’argent, fabriquée en 1848 pour le Royal Yacht Squadron par le bijoutier et orfèvre londonien Robert Garrard est rapportée au États-Unis en septembre 1851 sous le nom de « Coupe de Cent Guinées », et devient en juillet 1857 l’ « America’s Cup », en hommage à la goélette victorieuse. Il faudra attendre la fin de la guerre de sécession pour que s’organise une deuxième épreuve.

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La Coupe de l’America, une des plus anciennes compétitions sportives encore disputée de nos jours, est une compétition nautique internationale à la voile, voulue par ses initiateurs comme un défi amical et perpétuel entre Yacht Clubs de différentes nations.

Après une deuxième édition intermédiaire en 1871, les principes d’organisation se stabiliseront à partir de la troisième édition courue en 1876 :

–       Le Défi est toujours présenté par un Yacht Club (pas par un pays, ni par un propriétaire ou un sponsor)

–       Le Défi oppose le Defender (détenteur du Trophée) à un Challenger unique

–       Les règles du Défi (dates, lieu, règles de jauge et de course) sont fixées par le Defender. Parmi ces règles, il y en a deux qui perdureront longtemps et gêneront considérablement les challengers : le bateau challenger devait être construit quasi exclusivement dans le pays du Yacht Club challenger, et son équipage exclusivement composé de nationaux de ce pays. La mondialisation étant passée par là, ces deux règles n’existent plus aujourd’hui.

De 1876 à 1967, l’ « America’s Cup » sera une compétition exclusivement anglo-saxonne, avec des défis anglais, canadiens, puis australiens à partir de 1962.

Le CVP et la coupe

Le Défi de 1970 : « France »

Le Baron Bich décide de relever le défi et d’affronter les anglo-saxons et fait porter en 1970 son premier défi par le Cercle de la Voile de Paris. Pour la première fois, un Challenger n’appartenant pas au monde anglo-saxon lance un défi aux Américains, au côté des Australiens de « Gretel II » (Royal Sidney Yacht Squadron). Pour la première fois, le NYYC détenteur du Trophée organise à l’initiative du Baron Bich une sélection entre deux Challengers, la Herbert Pell Cup, pour n’en retenir qu’un au final. Skippé par Pierre « Poppie » Delfour et ayant à son bord, outre Marcel Bich (skipper dans la dernière course), Eric Tabarly et Bernard Dunand, « France » s’inclinera devant « Gretel II ».

 

Le Défi de 1974 : « France »

Le Baron Bich, fort de sa première expérience, se relance à l’assaut de la Coupe dès 1974, avec le même bateau, légèrement modifié, et présente un nouveau Challenge, toujours sous les couleurs du Cercle de la Voile de Paris. Le skipper est Jean-Marie Le Guillou, sélectionné olympique français des JO de 1972 et champion du monde des 5,5M JI. « France » affrontera « Southern Cross », présenté par le Royal Perth Yacht Club et barré par Alan Bond, et s’inclinera à nouveau.

Les défis des Français relancent l’intérêt mondial pour une compétition qui avait tendance à s’essouffler, car jugée trop anglo-saxonne. Dès 1977, ce sont quatre Challengers, dont un français, qui s’affrontent. « France », toujours présenté par le Baron Bich mais sous les couleurs d’Hyères, et skippé par Bruno Troublé, s’inclinera devant les Australiens et les Suèdois.

Dès lors, la compétition se mondialise rapidement, et à partir de 1983 tous les Challengers s’affrontent dans une importante compétition préalable visant à en sélectionner un seul, le « Louis Vuitton Challenge ». En 1987 ce sont même 13 Challengers, dont deux français, qui s’affronteront. Enfin, en 1983, pour la première fois depuis 1851, l’ « America’s Cup » échappe aux Américains au profit des Australiens du Royal Perth Yacht Club, grâce à Alan bond, skipper d’ « Australia II ».

Le Défi de 2007 : « Areva Challenge »

En 2007, un nouveau défi est présenté par Stéphane Kandler, sous les couleurs du Cercle de la Voile de Paris, « K-Challenge », devenu « Areva Challenge ». Le bateau ne parviendra malheureusement pas à s’imposer dans le « Louis Vuitton Challenge ».

De nombreux souvenirs témoignent de cette histoire au CVP, dont le plus impressionnant est le mât de « France », offert par le Baron Bich au Cercle en remerciement de sa présentation du Défi en 1970 et 1974.

Classé monument historique en 1992, puis restauré à partir de 2011 par l’AFCA sous l’impulsion de la famille Bich, de Bruno Troublé et de Thierry Verneuil, « France » navigue à nouveau sous une belle livrée bleue sur les mers de Bretagne Sud.

1900 Historique-Coupe de l'America